Témoignages : Dora Goland-Blaufoux et Robert Wajcman

Publié le par lamortestleurmetier

Dora Goland-Blaufoux et Robert Wajcman. Tous deux furent déportés très jeunes. L'une à Pau, l'autre à Lyon. L'une fut envoyée à Auschwitz avec sa soeur, l'autre y fut déporté seul. Deux destins différents et pourtant semblables : tous deux sont désormais à jamais mêlé à l'Histoire. Rencontres croisées de ses deux survivants.

 

Dora Goland-Blaufoux fut déportée à 14 ans. D'abord envoyée en prison avec ses parents et ses deux soeurs, elle fut ensuite déportée à Auschwitz. En arrivant là-bas, sa mère et sa plus jeune soeur montent dans "Le Camion", ce funeste transport proposé aux plus faible qui les emmènent directement aux chambres à gaz. Dora se retrouvent alors seule avec sa soeur aînée. Leur existence concentrationnaire est à l'image de cette femme aujourd'hui : forte, pleine de courage et de solidarité. Ces deux jeunes filles survivent dans cet univers de travail et de déshumanisation. A Auschwitz, Dora a connu Mala Zimetbaum, cette figure de courage et de Résistance. Si elle l'a inspirée ? Sûrement un peu, à l'écoute de son récit : le jour du Kippour, Dora et sa soeur ont tenu à le respecter, malgré la situation. A la Libération du camp, le deux jeunes filles sont rentrées chez elles où, après quelques temps, elles ont finalement réussi à retrouver leur père, lui aussi survivant. Aujourd'hui, le message que nous délivre Dora est fort et plein d'humanité : le respect du devoir de mémoire et un immense espoir en les générations futures.

 

Robert Wajcam fut aussi déporté jeune, il avait 17 ans. Avant Auschwitz, il a connu l'enferment à Lyon, Avenue Berthelot, la tristement célèbre prison où exerçait un certain Klaus Barbie... Là-bas, son père fut exécuté, fusillé dans un groupe d'innocents désignés pour servir d'excuse aux SS : tandis que cinq prisonniers s'évadèrent, cinq autres furent tués. La frère de Robert Wajcman, qu'il a retrouvé après la guerre, a été le seul membre de la famille à sortir indemne de cette guerre, grâce au hasard : lors de l'arrestation de sa famille, il n'était pas dans l'appartement. Robert et sa mère furent ensuite déportés vers Auschwitz, où il perd sa mère de vue. Durant la période à Auschwitz, il travailla dur, trop sur pour un jeune homme si petit et si maigre. S'il a survécu, c'est grâce à ce Professeur, déporté lui aussi, qui exerçait à l'infirmerie du camp et qui lui a trouvé un travail d'usine, moins physique. Les deux hommes garderont contact après la guerre. A la Libération, Robert Wajcman connaît, comme la grande majorité des survivants, les marches de la mort. C'est alors que, épuisé, il agonisait qu'on l'embarque dans un train. il n'aura plus de souvenir jusque cette chambre d'hôpital de Paris, où il est immobile de longs mois. Ses quinze kilos ne pouvant plus l'aider à le soutenir, les médecins décidèrent de lui administrer un électrochoc qui l'aurait sûrement tué. Dans un instinct, il réussit enfin à sortir de son état et réussit à rentrer chez lui, avec sa mère, et à rejoindre son frère. De son expérience concentrationnaire, Robert garde le souvenir d'une jeunesse passée à travailler et à avoir faim.

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D
Bonne idée ce blog, Pascal.
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